• irenecrampes

Recréer du récif

Dernière mise à jour : 18 avr.




Une des grandes tâches que nous nous sommes fixées: recréer le récif. Pour cela, j'en ai déjà parlé nous "cultivons" du corail, plus exactement nous élevons du corail puisque les coraux ne sont pas des plantes mais bien des animaux.

Nous recueillons également des fragments de colonies brisées (que ce soit par des chocs avec des roches mobiles remuées par la houle, des déchets solides, des "accidents" de plongées (on regarde avec les yeux pas avec les mains et bien évidement on ne marche pas sur les coraux, faut il le rappeler....)


On voit par exemple ici une gorgone qui git sur le fond.



Parfois aussi, nous sauvons des coraux d'autres espèces de corail qui s'en servent comme support et les parasitent. C'est le cas notamment des gorgones auquel le corail de feu peut s'accrocher pour se développer. petit à petit (quoique ce corail ait une croissance relativement rapide) le corail de feu étouffe son support comme le ferait par exemple du lierre sur un arbre. Dans ce cas, pour sauver la gorgone, nous sectionnons la partie haute qui n'a pas été touchée pour pouvoir la réimplanter sur un support sain.



Mais revenons à nos fragments de corail "dur" en particulier les porites (qu'on appelle communément ici "coral dedo" ce qu'on pourrait traduire par "corail digital") et les acropora cerviconis (ou corne de cerf).

Ces coraux contrairement aux coraux cerveaux qui développent un squelette sphérique, présentent de nombreuses ramifications ce qui les rend fragiles: une trop forte pression sur une branche provoque sa rupture. De ce fait, on trouve de nombreux morceaux de ce type de corail "éparpillés" sur le fond.



Ces morceaux de colonies, nous les récupérons pour leur offrir un nouvel habitat, un nouveau support sur lequel se développer: nos fameuses structures en barre de fer.

Les structures peuvent avoir une forme d'étoile (ou plus exactement de flocon),, de dôme, d'arbre... selon l'espèce à implanter ou la profondeur et être de différentes tailles de manière à ne pas avoir un récif linéaire: l'idée est de recréer le récif en lui redonnant une silhouette la plus naturelle possible avec ses creux et ses reliefs.


Depuis quelques jours nous travaillons plus particulièrement à la réalisation de dômes. Ca a été pour moi l'occasion de travailler le métal et d'apprendre à souder!


Une fois terminés ces structures sont recouvertes de deux couches de résine et de sable. Pour que le fini soit plus joli, et pour une meilleure accroche, nous utilisons du sable blanc au grain épais que nous allons chercher à Boca Chica ou Punta Rucia.



C'est parfois un peu acrobatique, mais aucun espace ne doit rester sans résine!

D'abord parce que "nu" le fer s'oxyderait ce qui pourrait fragiliser la structure.

Ensuite parce que le fer, au contact de l'eau de mer, libère une bactérie parente du tétanos... et une libération massive sur nos petits animaux serait évidemment létale!


Une fois la structure sèche (et les fragments récoltés), il nous reste à attacher les coraux.

Cette activité se pratique la plupart du temps sur la plage.

Avec les précaution requises, c'est à dire en humidifiant constamment les fragments, les coraux supportent cette sortie au grand air.

Cela nous permet de faire participer concrètement ceux qui, particuliers ou groupes, souhaitent apporter leur soutien à notre action.


Première chose, recouper et "nettoyer" les coraux. Nous retirons les parties mortes et nous assurons que les fragments soient sains pour garantir la meilleure reprise possible: pas d'algue rouge incrustante, pas de coquillage coralinivore notamment.



Ensuite nous accrochons les fragments sur la structure avec des serre-joints. C'est à ce jour ce que nous avons trouvé de plus efficace même si nous aimerions trouver une autre technique qui permette d'éviter l'usage de plastique... Une colle spécifique serait idéale mais son coût est prohibitif compte tenu de la quantité nécessaire (si un fabriquant me lit... nous serions ravis de tenter l'expérience dans le cadre d'une collaboration)


Au cours de l'opération, nous arrosons les coraux à l'eau de mer pour maintenir l'humidité



Voilà, c'est prêt!



Direction la mer!


Et embarquement pour installation


Si tout va bien d'ici deux ans, on verra à peine la structure!!!



Depuis mon arrivée ce sont déjà 6 dômes qui ont été installés grâce à la générosité et à la participation de nos "coral addicts" venus d'horizons et de pays différents: Esty, Maria Laura et son mari, Adriano et sont épouse ainsi qu'aux étudiants de l'Université ISA de Santiago de los Caballeros et aux pêcheurs de la Galeras.


D 'autres sont en préparation!



Alors, qu'en dites vous? Ça vous dirait de contribuer et pourquoi pas de venir réaliser le vôtre???


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