• irenecrampes

Jour 31: A bucear

Hola! que tal todo???

Désolée de vous avoir laissés sans nouvelles ces derniers jours.

Entre un programme chargé, une mer encore trouble et un peu houleuse (trop pour ce que nous avons à faire) et un internet trop capricieux pour vous faire un "rapport", ca a été un peu compliqué.

Pour autant ca ne veut pas dire qu'on n'a rien fait!

Ces derniers jours nous avons en effet eu pas mal de réunions avec d'autres organisations et entreprises intéressées par la restauration des écosystèmes.

Les motivations sont variées mais peu à peu on en arrive tout de même tous à la même conclusion: c'est notre environnement qui nous fait vivre. Le détruire, c'est nous condamner. A l'inverse le restaurer c'est s'offrir de nouvelles opportunités notamment économiques.

La couverture récifale représentait 75% des fonds côtiers il y a une cinquantaine d'année. On en est à 10, 15% selon les endroits et cela va en se réduisant pour tout un tas de raisons déjà mentionnées (déforestation, surpêche, développement urbain et touristique "sauvage"...). Dans un zone qui a fait son essor grâce au tourisme "marin" cette réduction conduit inéluctablement à un désintérêt, à une baisse de la fréquentation et de l'activité donc à une baisse du niveau de vie.

En gros un cercle vicieux que l'on cherche à inverser en entrant conjointement avec les différents acteurs dans une démarche concrète de développement durable!


Par exemple, nous avons été approchés par "Ocean World" qui souhaite renaturaliser le terrain dont ils disposent afin de redonner à la côte son aspect originel et de contribuer à l'assainissement de l'eau. Un partenariat est donc à l'étude pour reforester avec des espèces natives et endémiques et bien évidemment réintroduire les palétuviers.

En échange de notre appui technique, Ocean World s'engage à promouvoir nos activités auprès de ses visiteurs.

Autre exemple, une organisation toute récente (portée par une jeune et dynamique canadienne de 65 ans!) souhaitant participer à la restauration du récif sur la plage de Costambar à Puerto Plata. Ici l'objectif est de l' aider à developper un projet de restauration avec mise en place de structures coralliennes, habitats pour les espèces marines, et plantation de palétuviers. Notre savoir faire va leur permettre de mettre en place leurs actions avec un pourcentage de réussite supérieur puisque nous avons déjà, depuis 10 ans que le projet existe à Sosua, expérimenté pas mal de choses et avons de ce fait développé une bonne connaissance de ce qui marche et de ce qui ne marche pas!

La multiplication de ces projets, qu'ils soient associatifs ou va permettre de multiplier les points de restauration et donc d'augmenter les chances de réussite de chacun. Plus il y aura de "spot" de restauration, plus importante sera la biodiversité et plus vite les récifs récupèreront ce qui, comme je l'ai déjà souligné de nombreuses fois, bénéficiera à l'ensemble de la communauté locale, à la région, au pays et finalement au monde entier.

Ces réunions de travail sont un vrai bonheur. On y rencontre des gens impliqués, passionnés, qui veulent vraiment, même à petite échelle, apporter quelques chose, faire la différence. Et chaque fois on en sort un peu plus convaincu que ensemble, c'est possible.


Assez parlé, je vous offre quelques images prises hier dans la baie de Sosua.

Vous pourrez y voir la couverture du fond et imaginer ce qu'elle a pu être puisque toutes les roches que vous voyez sont d'anciens coraux.


Heureusement vous verrez aussi des coraux bien vivants, quoique jeunes pour la plupart.


Vous pourrez y voir des exemples de structures que nous avons installées, pour y faire "pousser" différentes espèces de corail. Il en existe bien d'autres mais dans d'autres zones de la baie ou je ne suis pas encore allée prendre de photos mais promis, j'irai. ce sera l'occasion de vous expliquer notre méthode en détails.


Vous y verrez également plusieurs espèces de poissons de récifs, ceux dont, justement, nous tâchons de rééquilibrer les populations.

Une petite précision sur ce dernier paragraphe avant de vous laisser admirer nos amis marins: tous ces poissons ont leur importance sur le récif. Il n'y a pas de bon et de mauvais poisson de récif. En revanche si la chaine de régulation entre les espèces est rompue, c'est cela qui fait que certains se retrouvent dans la catégorie "ennemis".

J'ai pu observer lors de cette petite plongée dominicale que certains poissons de la famille des demoiselles (que je trouve sublimes par leurs couleurs) mangent les polypes de corail. En temps "normal" les mérous s'en nouvrissent. Du coup le récif dans son ensemble tolère ces prélèvements... Mais sans mérous??? Les dégâts deviennent vite considérable d'autant plus qu'en blessant les coraux, ces jolis poissons diffusent des bactéries que le corail ne peut combattre.

En outre, ces mangeurs de corail sont extrêmement territoriaux et assez agressifs vis à vis des autre espèces, notamment les herbivores. Ils empêchent donc les poissons "amis" tels que les poissons perroquets, de s'approcher pour manger les algues qui se développent autours des coraux. Ils contribuent donc indirectement à leur prolifération. Les dégâts prennent ainsi des proportions alarmantes ce qui est flagrant sur l'image de la majestueuse acropora palmata qui en un mois est passé de la pleine forme à l'agonie.


Et sur la dernière image, prise tout près du bord, presque au milieu des nageurs, un barracuda!



le fond récifal détruit


exemple de jeunes coraux


exemple de structure de culture de corail





Quelques spécimens de poissons de récif



Lui c'est Claude! haaaaaah ! (environ 60 cm de long ...



A très vite!!!!

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