• irenecrampes

Jour 21: Viveros de peces

Comme il fait encore "mauvais" et que la mer reste trouble, on travaille à terre.

Pour restaurer le récif il ne suffit pas de réimplanter du corail. Il faut surtout recréer l'équilibre d cela biodiversité. Sans cela, ça ne marchera pas.

Or lors de notre dernière visite sur le récif nous avons constaté une fois de plus que l'équilibre de la chaine alimentaire était rompu ce qui contribue à la détérioration des récifs.

En effet dans la chaine alimentaire, je ne vous apprend rien, s'il manque un maillon, c'est la cata. Et c'est exactement ce qui se passe. Les poissons herbivores ne sont pas assez nombreux parce qu'ils se font croquer trop jeunes par leurs prédateurs carnivores qui eux même prolifèrent puisque leurs propres prédateurs sont absents. Or ces poissons herbivores sont ceux qui contribuent au développement des coraux qui en échange, en formant des récifs complexes, leur offrent un habitat. le souci c'est que le récif étant extrêmement abimé (destruction, sédimentation...) n'offre plus suffisamment de cachettes à nos jardiniers sous-marins.

La solution: recréer ces cachettes!

Pour cela, je vous en ai déjà parlé, nous avons déjà réalisé des pyramides de roche. Une fois stabilisées, ces pyramides seront surmontées d'un dôme de métal sur lequel seront accroché des petites colonies de différentes espèces de corail.

Pour protéger les juvéniles de poissons herbivores de leurs prédateurs, il faut que la pyramide de roche qui va les accueillir soit inaccessible! Nous avons donc eu l'idée d'ajouter une étape à la conception des dômes avant d'y installer les coraux: rendre le maillage plus fin grâce à des morceaux de récif en ciment que nous allons accrocher au dôme. C'est ensuite sur ces mêmes micro récifs de ciment que nous installerons nos colonies coralliennes.

Autre méthode, une structure de béton (pour lui donner du poids) sur une palette comprenant deux grands espaces que nous remplissons de morceaux de squelette de corail mort. Cela forme un maillage assez serré pour permettre aux juvéniles de se développer en toute tranquillité.


Autre problème de la prolifération des poissons carnivores, certains d'entre eux s'attaquent directement au corail. Une variété de demoiselles en particulier se nourrit de polypes. En temps normal les colonies tolèrent ce prélèvement. Parce qu'en temps normal il y a des mérous. Le prélèvement est donc marginal.

Actuellement, dans la baie, il n'y a plus de mérous. De ce fait, évidemment les demoiselles en question sont trop nombreuses et prélèvent une trop grande quantité de polypes pour que les colonies puissent le tolérer.

Et comme si cela ne suffisait pas, en "attaquant" le corail elle participent à la dissémination d'une bactérie qui tue le corail. L'effet est dévastateur.

Une des colonies d' "acropora palmata" située près des sommes déjà en place a ainsi été décimée en seulement 15 jours. Elle faisait environ 1,5 mètre d'envergure ce qui représente un beau spécimen. Il ne restait lors de notre dernière plongée que quelques plaques de polypes aux extrémités.

Seule solution en attendant le retour des mérous, et parce que nous n'avons pas le temps d'attendre leur retour, prélever des demoiselles pour réduire leur quantité et préserver les autres colonies d'acropora qui sont encore saines.

Nous installerons donc demain des nasses dans leur zone de prolifération ce qui devrait limiter les dégâts.

Je vous tiendrai évidemment au courant.


Le soleil est couché, il est temps pour moi de vous dire, à demain!


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