• irenecrampes

Jour + 15: ... y ellos (2)

Si je vous parle de mes "oncles" dominicains, il me faut évidemment vous parler de Meyo, Tomas et Papilo.

Meyo en premier lieu parce que c'est le premier de ceux que j'ai rencontrés lorsque Manuel m'a fait visiter ce qui n'était encore qu'un rêve. Nous venions de faire connaissance et il m'a amenée "al Tablon" (c'est ainsi que se nomme la zone du jardin, pafois aussi designée localement par "RioMar") où nous devions retrouver Meyo pour ce qui deviendrait ma première expérience de plantation de mangroves. A ce moment là évidemment je ne le savais pas encore... quoique. En tout cas, Meyo lui semblait le savoir.

Ce que je ne vous ai pas raconté c'est qu'entre ma première rencontre avec Manuel, et du coup Meyo, et l'officialisation de notre collaboration il s'est passé plus d'un an. Mais c'est une autre histoire... Tout ça pour dire que lorsque des mois plus tard je suis revenue "al Tablon", j'ai revu Meyo qui m'a accueillie comme la fille prodigue, comme s'il savait que je reviendrais. A tel point que ne m'ayant vu qu'une fois jusque là, il se souvenait même de mon prénom...

Meyo a une double casquette.

Il est en charge de l'entretien des jeunes palétuviers déjà plantés sur les berges du Rio Sosua. Il doit notamment s'assurer que la terre reste suffisamment humide, que les herbes et la végétation ne se développe pas trop autours des pieds pour éviter de les asphyxier et qu'il reçoivent suffisamment de lumière. Compte tenu de la luxuriance de la végétation, cela requiert une vigilance constance et des opérations régulières de débrouillage et d'élagage parfois dans des conditions un peu acrobatiques!

Il est en outre en charge du nettoyage des berges. En effet, les déchets solides et les sacs plastiques sont particulièrement néfastes pour nos plants. Outre qu'ils nuisent à la beauté du site et mettent en danger les éspèces animales qui pourraient les ingérer, ces déchets s'accrochent aux jeunes troncs, s'enroulent dans les racines, les blessent voire les arrachent. Là encore, et vous vous souvenez sans doute que j'ai déjà évoqué ce point dans un précédent article, c'est un travail long et fastidieux d'autant que de nombreux résidus plastiques s'enterrent progressivement dans le substrat meuble des rives.



Pour effectuer ce ramassage régulier, Meyo est assisté de Tomas et Papilo.

De nombreuses zones de la rive ne sont pas accessibles autrement que par la rivière. Un bateau est donc nécessaire. Et puis cela facilite le transport les sacs poubelles de 100 litres ou plus. Tomas et Papilo sont tous les deux pêcheurs et disposent chacun d'une barque de pêche à fond plat qui permettent d'accéder faisément aux zones à nettoyer.

La dextérité de Tomas à la godille m'a d'ailleurs beaucoup impressionnée. Parfois, lors de fortes pluies, et plus encore quand le "déluge" survient à marée haute, le niveau du Rio monte et les déchets chargés par le courant se retrouvent coincés dans les branches basses qui surplombent les eaux. Inaccesibles depuis la terre "ferme" (je mets ferme entre guillemets parce que vu la pente et la nature du sol.... c'est plutôt un toboggan de boue), il n'est possible de les retirer que depuis la barque. Et quoique cette opération se fasse lorsque le courant et le niveau de l'eau sont redevenus normaux, il faut un vrai savoir faire pour se maintenir stable le temps de tout décrocher!

La prochaine fois que j'y vais faites moi penser à demander à Tomas qu'il m'apprenne la technique!








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