• irenecrampes

Jour +15: ... y ellos (1)

Autre figure incontournable, Vale. De son vrai nom Luis, mais tout le monde l'appelle Vale. C'est le gardien de notre jardin. Sa connaissance des propriétés des plantes est aussi précieuse qu'infinie. Il m'a confié que de sa vie, il n'avait jamais mis les pieds chez le médecin (sauf une fois où il s'était ouvert la main...) et que rare, très rares, sont les occasions où il doit se résoudre à prendre un médicament. Si, ce qui est rare, il se sent patraque, il lui suffit de se préparer une tisane dont il a le secret avec les plantes qui se trouvent à sa portée. Il les connait toutes!

Vale connait par coeur chaque recoin des 30 hectares sur lesquels s'étend le projet "jardin botanique d'espèces endémiques". Il vivait déjà là du temps où cet espace était entièrement construit... et sa maison est la seule qui reste du démantèlement du quartier il y a près de 15 ans.

Outre les plantes, Vale connait chaque son, chaque silence. Il n'est pas rare de le voir se figer en plein travail et tendre l'oreille, attentif au moindre changement. Il sait avant de le voir quand quelqu'un vient, quand un animal s'approche, s'il représente une menace et où il se trouve. il est le gardien incontesté du jardin. Et ce d'autant plus qu'il dispose d'une calme autorité naturelle qui lui vaut le respect de la communauté. C'est un taiseux la plupart du temps, mais ses regards en disent long!

J'ai appris moi aussi à lire ses expressions... Souvent, je m'installe au jardin pour fabriquer de nouvelles structures. Parfois il m'observe avec curiosité, parfois avec amusement, et dans ce dernier cas, je sais que je fais fausse route. Jamais il ne vient me corriger. Il me laisse faire, me laisse aller au bout de mon idée. Mais je sais désormais que quand il a cette expression, c'est que je fais fausse route. Je me corrige... et je le regarde. S'il se détourne, c'est que j'ai bien compris le message...

C'est venu petit à petit, avec le temps, avec les heures passée à travailler coude à coude, en silence.

D'un coup, sans se concerter, on se retrouve près de son feu de camp, le café est prêt et on s'installe à l'ombre pour le déguster. Le sien bien sucré, le mien noir et amer, toujours. Et d'un regard il attire mon attention sur des gens qui passent (et à son expression je sais s'il me recommande de me méfier), sur le comportement des pintades avec les poules (ce qui nous a valu de fameux fou rires), sur le vol d'un colibri... et souvent s'ensuit une anecdote, une confidence...

Vale est devenu pour moi comme un vieil oncle avec lequel on se comprend à demi-mots.



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