• irenecrampes

Coquillages, poissons et algues du récif: attention danger!

Pour bien comprendre le travail que nous réalisons il faut comprendre de quoi est constitué l'équilibre du récif.

Il faut certes une eau à bonne température et propre de contaminants mais il faut surtout une biodiversité équilibrée.

En effet, lorsque l'équilibre est rompu, par l'absence de certaines espèces, d'autres prolifèrent. Si leur présence sur le récif est normale, leur sur-population, comme toute surpopulation, humaine comprise, engendre des problèmes en cascade.


Lors d'un précédent article, j'avais parlé du "gusano de fuego", cet espèce de mille patte marin carnivore qui se nourrit de corail et favorise les contaminations bactériennes du fait des blessures qu'il cause. Problème d'autant plus important qu'il s'attaque à toutes les espèces de corail et qu'il n'a plus de prédateur... Les langoustes ont disparu, de même que les gorettes blanches et à queue noire, les poissons lanterne-rouge, les roussettes ou les crabes araignées notamment


Malheureusement, ce prédateur n'est pas le seul présent et n'est pas le seul libre de proliférer faute de régulateur.



Ce petit coquillage à l'air innocent, le "langua de flamenco" est en réalité un redoutable dévoreur de corail souple (les gorgones et éventails de mer ayant sa préférence). Un de ses principaux prédateurs est le tétrodon (poisson-globe) dont nous avons de rares spécimens dans la zone projet (j'ai moi même pu en observer quelques un dont récemment un spécimen de près d'un mètre de long!!!)




Un autre coquillage coralivore (Drupella) qui agit généralement en groupe, a une appétence particulière pour les coraux durs, notamment le corail cerveau, les acropora (corne d'élan et corne de cerf) et les porites (corail digité) mais d'après mes propres observations, s'attaque également aux gorgones.

Non seulement ils se nourrissent du tissu corallien en agissant tel une moissonneuse dans un champs de blé mûr, mais ils possèdent en outre un trompe qu'ils insèrent à l'intérieur des polypes ce qui leur permet d'aller prédigéré le corail à distance. Les dégâts sont extrêmement rapides... et irréversibles.


Lorsque nous réimplantons du corail sur des structures, il est indispensable de bien vérifier que ces prédateurs ont bien tous été retirés!


D'autres habitants du récifs, s'ils sont en trop grand nombre, représentent une forte menace sur les coraux. Notamment certains poissons demoiselle et papillon, pourtant si jolis, qui montrent une préférence létale pour les "acropora palmata".

Les juveniles de demoiselles à queue jaune, variété herbivore, dévorent les polypes car elles se nourrissent de zooxantèles... les algues symbiotiques du corail (avec une préférence pour les acropora palmata.


Le poisson papillon à 4 yeux (à cause de ses taches noires) est également un grand amateur de polypes.


Mais il n'y a pas que les coquillages et les poissons. Certaines algues également sont particulièrement nocives!

Les algues rouges dures qui croissent en s'incrustant dans le squelette du corail (celles là même que dévorent les poissons perroquets), d'autres qui diffusent des cyanobactéries...


Une fois de plus la cause du déséquilibre est humaine et il nous faut trouver des solutions pour réguler les espèces néfastes et faire revenir celles dont nous avons besoin pour revenir à l'équilibre.



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